Une île, un fjord. Une femme se réveille. Elle entend une voix au loin. La lune a gonflé dans la lucarne. Les volets claquent. En travers du lit conjugal, la silhouette du mari, recroquevillée. Elle sort de la chambre, quitte la maison pour se rendre au bord de l’eau. À l’embarcadère, les bateaux se frôlent. (...)
Par Valérie Nimal le lundi, septembre 3 2007, 14:20 - La boîte à soupirs
Vendredi dernier, nous avons tranché. Le titre de ma nouvelle série sera "La boîte à soupirs". Première diffusion: le 21 septembre.
Pour la forme, je reste fidèle aux "Minutes célibataires". "La boîte à soupirs" contiendra des histoires d'elle et de lui.
Côté lecteurs, Gauthier De Bock est la voix masculine et moi-même, la voix féminine.
Du côté de l'habillage, Muriel D. a eu quelques idées, parmi lesquelles des extraits de films érotiques, des bruits glanés dans la sonothèque de la BBC,
un tapis trip-hop ponctué de soupirs et d'autres surprises que vous découvrirez en ligne bientôt (mise à jour ce 1er octobre : pardon pour le retard, notre ingénieur du son a eu un bug et nous devons ré-enregistrer les deux premières histoires de la boîte à soupirs).
Derrière les vitres, c’est un autre monde. Ca grouille de partout. Ici, les gens entrent et sortent. Ils s’installent sur la banquette arrière et s’en vont peu après. (...)
Elle n’avait plus pensé à lui depuis longtemps, des années peut-être. Ils avaient été amants. Leur carrière les avait séparés. Quand ils s’étaient revus, par hasard, lors d’un colloque, elle avait chancelé. (...)
Bam ! Tombée du lit ! J’ai cherché mes lunettes sur le tapis rugueux. Clic ! L’interrupteur. Les lunettes sur la table de nuit. Lui, étalé sur le matelas, les yeux fermés. J’avais la sensation gênante d’avoir été éjectée du lit. Etais-je parvenue à mes fins ? (...)
(Lui)
Elle est là, elle m’attend. J’ouvre son email en premier. Le reste du courrier s’amoncelle dans ma boite. Du bout des lèvres, elle m’ordonne de la regarder. Elle m’invite à rester en sa compagnie. Je suis aspiré par cette béance. Elle me happe dans sa gorge profonde. La petite musique qui s’échappe de son gosier rythme mes gestes et accompagne mes pensées. Elle, c’est la Bouche. (...)
Je me souviens c’était il y a vingt ans je crois. Elle avait trouvé ce lieu favorable pour mouiller. Port Racine. C’est là où je suis né. Je travaillais pour la capitainerie durant l’été. Elle, c’était le genre de femme à avoir été demandée en mariage trois cent fois.< (...) br/>
On se croirait dans un studio de cinéma hollywoodien : 5 000 chambres, un casino, 16 restaurants. Dans les dédales du MGM Grand Hôtel, ils auraient pu ne jamais se croiser. Cependant, son gros ventre à lui a frôlé ses hanches dans un ascenseur, ce matin. Elle portait un ensemble de cuir sur sa peau bronzée, lunettes fumées, cheveux bouclés. Il aurait bien croqué ce marron glacé sur le champ mais elle s’était éclipsée. (...)
Elle a débarqué dans mon taxi quand je stationnais devant l’église Saint-Mark-in-the-Bowery. Une vraie mariée, toute blanche avec son voile, jusque là, tout avait l’air normal, mais quand elle l’a soulevé, son visage barbouillé de noir ruisselait de larmes. (...)
J’ai connu un noctambule, un homme que je voyais après minuit. Exclusivement. Arthur, je l’appelais l’amant du crépuscule. Notre histoire a duré 169 nuits. Quand il m’a quittée, il ma légué un valet de nuit sur lequel il pendait ses pantalons (un plis, un rebord). Après notre rupture, j’ai vécu certaines perturbations. J’étais en proie à des rêves éveillés ; sans Arthur, mon lit me semblait immense et menaçant. Je me levais, somnambule, et je parlais à mon valet - la nuit favorise l’accointance - et quand, n’y tenant plus, je rêvais d’étreintes et d’effusions, j’agrippais le valet de nuit, le plongeais sous la couette et m’endormais dans ses bras.(...)
Je m’appelle Lilith. Hélène c’est mon deuxième prénom, mais peu de gens le savent. Je suis franco-chinoise. Mon mari et moi, nous venons d’emménager dans un immeuble rue du cornet. Je rencontre beaucoup de gens, dans mon quartier, sur la place Jourdan, à la friterie, chez Antoine, au kiosque à journaux. Des hommes ou des femmes, peu importe. Je discute avec eux, et quand ils me plaisent, quelques fois, je leur donne mon numéro de téléphone ou mon adresse. Mon mari est de plus en plus inquiet quand je reçois des appels téléphoniques. Il guette mes conversations et me menace. (...)
Le kiosque, c’est un lieu idéal pour flirter. Le mien se trouve Place Jourdan. J’y travaille de sept à cinq (ça me laisse du temps pour écrire mes petites histoires). Régulièrement, une Eurasienne m’achetait des magazines. Elle avait un air rebelle, avec ses mèches noires qui tombaient sur ses yeux fendus. Une seule fois, son mari l’accompagnait (un Italien qui parlait très fort et portait une jambe de bois). Elle venait souvent. (...)
Hélène, téléphonez-moi au 0478 565 24 05 pour parler de la suite Margareta. Ce billet déposé sur les marches de l’escalier m’a semblé bien étrange : plié en deux plutôt que d’être sous pli, on avait pris le risque de l’exposer aux regards indiscrets. Mais qui était cette Hélène ? (...)
C’est le dix-huitième ingénieur du son que je rencontre à la radio. Depuis que j’enregistre mes histoires au studio de Pure FM, j’ai vu défiler une série de nouvelles têtes, derrière la table de mixage ! Or, à chaque fois que j’ouvre la porte capitonnée, j’ai le secret espoir de retrouver celui que l’on surnommait, il y a bien longtemps, le roi du suçon. (...)
Derniers commentaires